#1 CheerDossier – Vous dîtes pompom girl, on dit cheerleader !

Qui ne s’est jamais retrouvé devant ces mots et s’est demandé : « mais c’est quoi la différence au juste entre cheerleader et pompom girl? »

Après quelques recherches, on s’est rendu compte qu’à force d’expliquer qu’on ne disait pas « pompom girl » mais « cheerleader », ça ne changeait pas le problème. Le souci, c’est l’image qu’on les gens dans la tête quand ils entendent « pompom girl ». En leur disant qu’on ne dit pas « pompom girl » mais « cheerleader », ils déplacent juste leur image erronée sur un nouveau terme.

________________________________

Alors être « cheerleader » c’est quoi ?

Commençons par le commencement : Cheer / leader = meneur d’encouragement ! En effet, la discipline est née par le regroupement d’hommes qui faisaient des chants et/ou des mouvements synchronisés afin de canaliser l’énergie de la foule et de la mettre au service du sport. Ainsi, les cheerleaders étaient une valeur ajoutée à un match/ à un événement sportif. Au fil des années, les mouvements se sont complexifiés jusqu’à devenir ce que l’on connait aujourd’hui comme le cheerleading (stunt, basket toss, pyramide, tumbling, partnerstunt, danse et jump).

A partir de 1974, le cheerleading devient compétitif. Ce n’est plus qu’une valeur ajoutée à un sport mais bien un sport à part entière.

C’est le cheerleading : composé de cheerleaders high school (animation et compétition) ou all stars (100% compétition)

  • Question bonus : une équipe de cheerleaders qui remue juste des pompoms pendant une animation, est-ce que ce sont quand même des cheerleaders?

Notre réponse est : oui & non. En fait, le « problème » va beaucoup plus loin. Le sport « bouger des pompoms » n’existe pas. Après, il est tout à fait imaginable que des personnes se regroupent de façon formelle ou informelle et qu’elles décident de former une « troupe de pompom girls » sans se prendre la tête avec le côté sérieux et technique de la chose.  Après tout, chacun fait ce qu’il veut. Dans ce cas là, non, ce ne sont pas des cheerleaders. Pompom ne veut pas automatiquement dire cheerleader !

Cependant, il ne faut pas non plus oublier les clubs de cheerleaders qui souhaitent trouver des animations rémunérées afin de pouvoir gérer les dépenses de leur saison sportive. Le premier problème ici, c’est le peu de moyen qu’ont les associations de sport et surtout les coûts qui incombent à la discipline. L’autre problème, ce sont les organisateurs d’événements qui ont tendance à chercher des « pompom girls » et qui demandent à des clubs de cheer ou de danse de simplement « bouger les pompoms et porter une jupe courte ». Dans ce cas là, oui, ce sont des cheerleaders qui n’ont pas la chance de vraiment montrer de quoi ils sont capables.

Exemple : On se souvient de la série documentaire « Cheers ! », sortie en 2013 et produite par Cédric Defert qui retraçait l’année de l’équipe des Cheer Excess de Charenton-le-Pont. Malgré le niveau de cette équipe et l’expérience internationale dont ils disposaient déjà à l’époque, une de leur animation constituait à s’habiller en jupette avec perruque et de bouger les pompoms aux passages d’autres sportifs. Pourquoi les faire se limiter à ça quand l’équipe aurait pu montrer une routine de haut niveau qui aurait, à coup sûr, mis plus d’ambiance et laissé un meilleur souvenir que le « remuage » de pompoms ?

________________________________

Maintenant la question est : qui sont ces filles qu’on voit danser avec des pompoms pendant les matchs sportifs ? On dit bien les « Miami Dolphins Cheerleaders » pourtant !

A côté des cheerleaders qui stuntent, il existe aussi des cheerleaders qui dansent. On parle d’ailleurs plus de danseuses et elles font des animations de matchs. L’objectif est d’encourager une équipe de sport mais sans stunt, basket toss ou autres pyramides. Les danseuses … dansent ! Alors oui, les danses sont parfois sexy et les tenues aussi, mais ça n’enlève rien à la qualité de la prestation. Ce qui prime, ce sont les mouvements de danse synchronisés, le dynamisme et les effets visuels. Ces derniers peuvent être favorisés grâce à l’utilisation de pompoms. Rien n’est laissé au hasard. Le cardio est un élément très important, tout comme les éléments techniques de danse qui doivent être maitrisés.  Les pompoms sont beaucoup plus utilisé qu’en cheerleading car ils participent directement à la chorégraphie.

En France, le terme « Cheerdancing » a vu le jour et permet de désigner les équipes de danse de compétition, qui pratique de la danse pompoms. Aux Etats-Unis, on parle tout simplement de danse freestyle : poms (avec des pompoms), jazz ou hip-hop. 

  • Question bonus : Les personnes munies de pompoms qui font des danses dans les boites de nuit, c’est qui ?

Il se peut que ça soit une animation faite par des cheerleaders mais la plupart du temps, ce sont les danseuses des clubs qui font des danses à thème « pompom». Comme le cliché de la « pompom girl » a une connotation sexy et constitue un fantasme, son image est régulièrement utilisée hors du cadre de l’encouragement ou du sport de compétition.

________________________________

Du coup, pourquoi on dit « pompom girl » ?

C’est simplement une mauvaise traduction qui a été utilisé par un journaliste après avoir vu les matchs de football américain animé par des danseuses professionnelles munies de pompoms aux Etats-Unis. L’image du terme « pompom  girl » a aujourd’hui une connotation tellement négative que les sportives essayent de s’en détacher au maximum.  En effet, pour beaucoup, la pompom girl, est une fille jolie mais idiote, qui bouge ses fesses et qui n’est là que pour satisfaire le public masculin.

Comme vous pourrez le lire dans l’interview avec l’équipe des Dolls Dance Team de Paris, c’est aux sportives de prouver que leur sport est loin des clichés ! Le travail paye toujours !

________________________________

CHEERLEADERS ET DANSEUSES – INTERVIEW DOLLS DANCE TEAM

Afin de mieux comprendre, nous sommes rentrées en contact l’année dernière avec l’équipe des Dolls Dance Team de Paris.  Cette équipe de danseuses propose des animations sportives !

  1. Votre activité est l’animation d’événements sportifs. En une année, à combien d’événements participez-vous (à peu près)?

Entre 15 et 20 environ (matches et autres animations comprises)

  1. Est-ce que malgré tout, vous êtes les cheerleaders officielles d’un groupe de sport en particulier ou pas du tout ?

Oui, nous sommes les cheerleaders officielles de l’équipe de basketball de pro A  de NANTERRE, la JSF.

________________________________

  1. Au niveau du recrutement, quels sont vos critères ?

Nous recrutons sur le niveau de danse et la présentation générale des danseuses.

  1. Recrutez-vous seulement des danseuses professionnelles ou un amateur peut aussi poser sa candidature ?

Toutes les danseuses peuvent postuler, seul leur niveau compte, qu’elles soient pro ou amatrices.

________________________________

  1. Combien d’heures d’entrainements nécessite la préparation d’une animation ? Et combien de temps dure une animation ?

Les danseuses s’entrainent 5 heures par semaine minimum. Il faut compter 5 semaines d’entrainement au moins pour être prête pour un match. Les matches durent environ 2 heures et nous intervenons entre 5 et 10 fois par match.

  1. Je suppose que vous devez vous renouveler à chaque prestation. Comment faites-vous pour trouver vos idées ?

Nous essayons de développer des thèmes très différents et d’utiliser des musiques connues. Nous créons environ 25 routines par an que nous faisons tourner sur les matches et une trentaine de plus pour les évènements spécifiques. En général, les thèmes pour les événements spécifiques nous sont donnés par les organisateurs (exemple : far west, les Iles, voyages etc…).

________________________________

  1. L’entrainement physique joue pour beaucoup sur votre prestation mais pensez-vous que le mental joue un rôle important aussi ? Ou au contraire, c’est un moment où vous vous amusez et vous ne ressentez pas de stress ?

Le mental est important. Beaucoup de nouvelles danseuses sont tétanisées lorsqu’elles dansent dans un palais des sports pour la première fois. Si elles ont peur, elles oublient les routines ou regardent par terre en dansant, c’est très mauvais. On essaye donc de les préparer au mieux et de les faire commencer par de petits matches et de petits événements. Il faut y aller progressivement et ne pas mettre les danseuses en situation d’échec si elles ne sont pas à l’aise sur certaines routines. Mieux vaut ne pas tout danser que de faire une routine à moitié.

  1. Si vous avez eu de nouvelles recrues cette année, comment ont-elles vécu leur 1er passage devant le public ?

Les nouvelles danseuses de l’équipe ne sont pas toutes égales face au stress. Certaines étaient déjà très à l’aise, car elles ont une grande confiance en elles. D’autres étaient beaucoup plus tendues.  Quoiqu’il arrive, les réactions suite au premier match sont toujours extrêmement positives. Aucune n’est sortie du terrain en disant qu’elle n’avait pas aimé.

  1. Trouvez-vous que le public est avec vous pendant vos prestations ou qu’il est plutôt passif ?

Cela dépend du contexte, du match, du type d’événement. Le public de Nanterre est très enthousiaste, mais il nous connait bien et nous attend. Lors des événements ponctuels nous sommes en général fortement encouragées. Il est même arrivé que le public attende impatiemment les temps morts où nous intervenions car le match en lui-même n’était pas terrible.  Il nous est aussi arrivé de tomber sur des publics très froids. Quoiqu’il arrive, il faut garder le sourire et l’énergie jusqu’à la fin du match.

________________________________

  1. Est-ce que le fait que vous soyez Cheerleaders Pro et reconnues comme telles, ça pourrait vous éloigner un peu du combat de certaines cheerleaders pour faire accepter leur activité et combattre les clichés ?

Je pense que notre professionnalisme, la qualité et le dynamisme de nos prestations contribuent à donner une image positive de l’animation de match en général.

Nous ne cherchons pas à combattre des clichés ou à faire accepter quoique ce soit. Notre travail et notre souci de la perfection sont les seuls critères qui nous définissent.

Notre équipe évolue aujourd’hui dans des milieux ou notre travail est reconnu et apprécié. Nous choisissons avec soin nos événements (par exemple pas de boite de nuit) afin de garder une image saine et d’éviter la controverse.

L’animation de matches commence à rentrer dans les habitudes en France. Il est de plus en plus rare de voir un événement sportif comme un grand match de basket, de handball, de rugby et bien entendu de foot US sans des animations. C’est une bonne chose car cela permet à plus d’équipes de présenter leur travail au public et d’avoir l’occasion de se produire plusieurs fois par an. Plus les équipes auront la possibilité de se produire devant du public, plus elles pourront montrer ce qu’elles savent faire et ainsi prouver que leur travail est loin des clichés. C’est à elles maintenant de travailler et de tendre vers l’excellence pour les animations.


Les réseaux sociaux des Dolls Dance Team :

fb-artinstagram_logoofficial-twitter-logo-tile


Bonne rentrée cheer & danse à tous!

Laisser un commentaire