#1 CheerAthletes – Coaching & Training: De l’ombre aux paillettes !

Dans ce nouveau rendez-vous, nous avons souhaité partir à la rencontre de ces athlètes qui s’entraînent et performent à travers le monde, qui souffrent à l’entrainement et qui brillent en compétition. Nous sommes allés à la découverte de ces sportives et de ces sportifs qui doutent, qui accomplissent de grandes choses et qui rêvent d’aller toujours plus haut, plus loin.

Chaque athlète a son histoire, son passé et dans sa tête, un futur à forger. Un avenir, pour lequel chaque jour est une nouvelle opportunité pour grandir et s’enrichir. Des heures d’entraînements, seul ou en équipe, à compter les bleus, doutant puis relevant la tête, pour atteindre ses objectifs. Nous avons souhaité revenir sur ces moments, que l’on oublie parfois, entre sueur, larmes et sourires gravés à jamais dans le marbre invisible d’une saison et d’une vie sportive. A travers des témoignages, nous discuterons de ces corps de sportifs(ves) façonnés par des rêves étoilés, d’un espoir de médaille ou simplement de vivre un succès tant espéré. Nous avons souhaité revenir aux sources, parler de sentiments, de réussites ou d’échecs, et comprendre comment se construit un athlète au quotidien entre l’ombre et les paillettes.

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Aujourd’hui, nous avons le plaisir de partir à la rencontre de Révéka Morrissette, une jeune athlète canadienne de Montréal (Canada). 

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PRESENTATION

1) Bonjour Révéka, merci de prendre un peu de temps pour répondre à nos questions. Est-ce que, dans un premier temps, tu peux te présenter ?

IMG_4197Bonjour! Mon nom est Révéka Morrissette, j’ai 23 ans et je viens de Montréal, Canada. J’ai commencé la gymnastique quand j’avais 3 ans, puis j’ai découvert le cheerleading à l’âge de 17 ans. J’ai commencé dans le niveau 2, puis après j’étais dans le 4.2, pour finalement être dans le niveau 6. En plus de faire du cheerleading, j’ai une passion pour les voyages et pour les arts. Je suis présentement graphiste à mon compte. Comme vous allez le constater dans l’article, j’ai aussi combiné deux de mes plus grandes passions: faire du cheerleading dans un autre pays. J’ai eu la chance de faire parti d’une équipe australienne et de m’entraîner avec Cheer Athletics Coalition 6.

Il manquait quelque chose à ma vie: du cheerleading!

2) Nous avons vu que tu avais fait du cheerleading en Australie. Comment se passe l’adaptation à un nouveau club, un nouveau pays, une nouvelle ville ?

IMG_9042 2Comme vous pouvez vous l’imaginer, aller dans un nouveau pays, sans connaître personne, ce n’est pas une tâche facile! Surtout que la langue première n’est pas le français! Lorsque je suis arrivée en Australie, je n’avais pas l’intention de m’entraîner dans un club. C’est après y avoir passé un mois que je me suis rendue compte qu’il manquait quelque chose à ma vie: du cheerleading! J’ai donc commencé à chercher un club à Melbourne et pour être honnête, le seul critère sur lequel je me suis basé pour choisir où j’allais aller c’était l’uniforme. C’est difficile de choisir un club dans un nouveau pays! Surtout quand on ne les connaît pas d’avance! Par exemple, si on pense aux États-Unis, on peut facilement nommer des noms de club. Mais pas dans des pays tels que l’Australie ou la Nouvelle-Zélande! J’ai donc décidé d’envoyer un email à un club là-bas (Southern Cross Cheerleading), en espérant qu’il allait y avoir une équipe que je pourrais joindre. C’est avec chance qu’ils m’ont dit qu’ils avaient de la place dans leur équipe open 4.2. C’est après avoir confirmé que j’allais aller à leur prochaine pratique du vendredi que je me suis rendue compte que les entraînements allaient être en anglais. Ce fut mon premier défi. S’entraîner dans une autre langue, ou juste dans un autre pays, ça ajoute du stress. Les termes sont différents, ça prend plus de concentration et c’est juste… tellement mélangeant au début! J’imagine que même entre la France et le Canada c’est complètement différent! Le cheerleading m’a vraiment aidé lors de mon expérience en Australie. J’ai eu la chance de rencontrer des athlètes et des coachs merveilleux qui m’ont aidé à m’intégrer mais qui m’ont aussi fait sentir comme un membre de leur famille. Pour moi, Southern Cross Cheerleading est littéralement devenue ma famille Australienne.

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COACH ET COACHING

Un coach c’est quelqu’un qui transmet sa passion, sa motivation et qui inspire ses athlètes et ce, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du sport.

3)Qu’est-ce que tu recherches, en tant qu’athlète, chez ton coach? Que représente pour toi un entraineur ?

Pour moi, il y a deux aspects importants dans ce que je recherche chez un coach: ses valeurs et sa façon d’entraîner. Ce qui compte le plus pour moi, c’est un entraîneur avec qui je peux bâtir une belle relation. Et non je ne parle pas d’une relation amicale, mais bien d’une relation coach/athlète. Ça comprend principalement le respect (ça c’est le plus important), la confiance, la justice et le professionnalisme. Pour ce qui est de la partie cheerleading, je m’attends à ce mon entraîneur me pousse hors de ma zone de confort, qu’il me partage ses connaissances autant que possible et qu’il me permette d’être au meilleur de moi-même. Si vous voulez vraiment savoir, je vous avouerais que je préfère les entraîneurs plus «strictes» qui sont durs avec moi pendant les pratiques. Ça me permet vraiment de travailler fort et ça m’apporte une satisfaction. Enfin, un coach c’est quelqu’un qui transmet sa passion, sa motivation et qui inspire ses athlètes et ce, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du sport.

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4) Peux-tu nous parler un peu d’un coach qui, selon toi, t’a permis d’être l’athlète que tu es aujourd’hui ? En quoi a-t-il été essentiel dans ton parcours ?

La personne qui m’a probablement le plus permis d’être l’athlète que je suis aujourd’hui est mon entraîneur d’Australie. Je vais toujours me rappeler la journée où j’ai mis les pieds dans son club. Il m’a tout de suite dit que je devais venir m’entraîner les dimanches après midis avec les gars de l’équipe niveau 6. Je crois qu’à ce moment, il a vraiment vu le potentiel en moi et il m’a donné la confiance que je n’avais pas. Il était là tous les dimanches, non seulement pour m’entraîner, mais aussi pour me «spotter» (faire la sécurité autour) et m’encourager. Lorsque les sélections pour l’équipe niveau 6 sont arrivées, je n’étais clairement pas la meilleure voltige à s’être présentée. Quelques jours plus tard, l’entraîneur m’a annoncé qu’il allait faire une équipe préliminaire, puis après deux semaines d’entraînements, il allait choisir les 24 meilleurs athlètes qui allaient aller aux championnats du monde. Devinez quoi: je faisais partie de ceux qu’il a choisi. Lorsque l’équipe finale a été formée, j’ai réalisé que j’étais la seule athlète qui n’avait pas fait de niveau 6 auparavant. Les entraînements étaient plus difficiles pour moi que pour mes coéquipiers car en plus de faire de nouveaux éléments, je devais m’habituer à l’anglais et à vivre dans un autre pays. Je ne peux pas compter le nombre de fois où j’ai versé une larme dû au stress, à mon manque de confiance et à la pression que je m’étais moi-même mise sur les épaules. Chose certaine, mon entraîneur ne m’a jamais abandonné, il a toujours été là pour m’encourager, m’écouter et m’aider à passer au travers. C’est après 4 mois de dur travail (autant physiquement que psychologiquement) que l’équipe s’est méritée la deuxième place aux championnats du monde. Mon entraîneur m’a montré qu’il était important de rester authentique, de persévérer et de croire en soi. J’en serai toujours reconnaissante.

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TRAINING

L’effort est définitivement une satisfaction car d’une façon ou d’une autre, même si tu ne réussis peut-être pas, tu apprends en tant qu’athlète, mais aussi en tant que personne.

5) Que représente pour toi un entrainement ? Qu’est ce qu’un bon entraînement ?

Pour moi, un entraînement veut dire que je mets ma vie à l’extérieur du gym de côté, et que je me concentre à 200% sur le sport. Je prépare aussi mes journées en conséquent de mes entraînements. Par exemple, je m’assure de bien manger et d’avoir de l’énergie. Chaque entraînement est pour moi un bon entraînement car j’ai toujours l’impression d’avoir appris quelque chose et de m’être améliorée soit physiquement ou même mentalement.

6) Quelle est ton meilleur souvenir d’entrainement ?

Je dirais que mon meilleur souvenir d’entraînement est lorsque j’ai essayé de faire basket vrille pour la première fois. J’ai toujours eu une peur de faire des baskets, alors c’était un très gros défi pour moi. Réussir à faire quelque chose qui me fait aussi peur, c’est le meilleur sentiment! J’étais tellement fière d’être passée au travers cette peur! Et d’avoir mon équipe à mes côtés pour me motiver, m’aider et m’encourager.

7) As-tu un mauvais souvenir dans l’un de tes entrainements ? Comment as-tu fait face à cette situation ?

J’ai plusieurs mauvais souvenirs d’entraînements, comme par exemple des chutes de stunt qui m’ont causé des blessures, des moments où j’ai pleuré parce que je trouvais que ça devenait trop difficile émotionnellement ou même les fois où mes amis se sont blessés devant moi. J’ai appris de ces événements là et ils m’ont tous rendu plus forte.

8) Peux-tu nous expliquer un exercice que tu as vécu à l’entrainement qui t’a marqué ? (Fait rire, surpris, souffrir etc.).

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Dans une des équipes avec laquelle je me suis entraînée dans le passée, on jouait à beaucoup de «jeux» avec nos entraîneurs. Un des jeux était qu’il y avait un dé, que nous devions brassé et chaque numéro était associé à un exercice. Par exemple, si on atterrie sur le trois, on fait la danse 5 fois ou encore on fait notre routine au complet une fois. Parfois, les jeux étaient plus difficiles comme : si on hit notre routine 2 fois à la suite, on ne fait pas un troisième all out (full out : faire la routine du début à la fin). Ce sont des exercices qui apportaient des défis et qui nous permettaient de s’amuser dans nos pratiques. Ça nous poussait à s’encourager être nous et par le fait même, ça nous aidait à bâtir un bel esprit d’équipe.

« J’ai compris que c’est en tombant qu’on apprend, qu’on se relève et qu’on devient meilleurs. »

9) Nous savons que tu parles souvent de mental dans tes videos. Comment perçois tu la dimension mentale dans ta pratique du cheerleading ? As-tu un souvenir particulier, ou tu as eu la sensation que le mental était très present ?

IMG_2472[1]Je parle souvent de mental dans mes vidéos principalement pour deux raisons. La première est que le mental est un sujet tabou, mais ne devrait pas l’être et la deuxième est que le cheerleading est autant mental que physique. Comme j’ai souvent dit, je fais beaucoup d’anxiété et ce n’est pas toujours facile à gérer, surtout pas avec la pression que le sport peut m’apporter. J’ai toujours trouvé qu’il était difficile de faire confiance à mes bases ou de me faire confiance à moi-même. Ça m’est souvent arrivée de faire des crises d’anxiété pendant mes entraînements parce que je me mettais beaucoup de pression sur les épaules. Pour moi, chaque fois que je tombais ou que je faisais une erreur, c’était automatiquement un échec. Avec le temps, j’ai compris que c’est en tombant qu’on apprend, qu’on se relève et qu’on devient meilleurs. J’ai aussi appris à avoir confiance en mes entraîneurs et en mon équipe. Ça m’a vraiment aidé à passer au travers plusieurs épreuves. Le cheerleading est mental puisque c’est un sport qui requiert énormément de concentration, de persévérance, de confiance et il faut aussi être capable de bien gérer la pression. Le défi le plus difficile est probablement de hit sa routine en compétition. On a beau la réussir des dizaines de fois dans le gym, avec un uniforme, devant les juges et un gros publique, ça rajoute un stress additionnel. C’est donc une grosse préparation mentale.

10) Gandhi disait : « C’est dans l’effort qu’on trouve la satisfaction, et non dans la réussite. Un plein effort, est une pleine victoire. » Qu’est-ce que tu penses de cette citation ? Y trouves-tu un reflet de ton expérience ?

IMG_9446C’est vrai que j’ai mis beaucoup d’efforts pour me rendre où je suis aujourd’hui. J’ai probablement dû travailler plus fort que bien des gens pour acquérir mes habiletés. À ce jour, ma plus grande fierté est de ne jamais avoir abandonné et d’avoir continué à persévérer même si ce n’était pas toujours facile. Parfois, je pouvais passer deux heures au gym, à travailler sur un élément, sans ne jamais le réussir. L’effort est définitivement une satisfaction car d’une façon ou d’une autre, même si tu ne réussis peut-être pas, tu apprends en tant qu’athlète, mais aussi en tant que personne. Quand j’y pense, je suis encore plus fière de ma performance en compétition que du classement final. Ça a définitivement plus d’importance et plus d’impact sur ma confiance en moi et sur ma réussite personnelle.

11) Dans le cheerleading, on a des objectifs personnels mais on évolue dans un collectif. Que représente pour toi ce rapport entre performance individuelle et performance collective ?

La plupart du temps, je travaille sur ce que j’ai besoin d’améliorer à l’extérieur des entraînements afin d’être au meilleur de moi lorsque je suis avec mon équipe. Je crois que la performance individuelle est importante. Plus chaque membre de l’équipe est motivé à s’améliorer, plus l’équipe progresse. J’aime aussi le fait qu’entre athlètes, on peut se lancer des défis. Ça me garde motivée. De plus, les entraînements deviennent drôlement plus faciles et agréables lorsque tout le monde s’encourage, s’appuie et s’entraide. À ma pratique de lundi dernier, toute mon équipe s’encourageait pendant le dernier all out (full out). Ça a tellement fait une différence! Je crois que c’est vraiment important et que c’est comme ça qu’une équipe évolue.

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OUVERTURE

12) Comment envisages-tu ton futur en tant qu’athlète ? Quels sont tes prochains rêves ?

IMG_5735Après avoir gagné la deuxième place aux championnats du monde et m’être entraînée avec Cheer Athletics, j’avouerai que j’ai atteint mes rêves en tant que cheerleader. Maintenant, mes priorités sont surtout reliées à la partie mentale du cheerleading. J’ai envie de m’amuser, de continuer à m’améliorer mais cette fois-ci, sans me mettre de pression. Collaborer avec Cheerleading France Blog et Movemanity m’a fait réaliser que j’avais envie de m’impliquer davantage dans la communauté du cheerleading. Je prévois donc de continuer à partager ma passion et offrir mon soutient aux athlètes. J’aimerais aussi pouvoir combiner le cheerleading et le graphisme. J’ai d’ailleurs commencé à designer des chandails d’équipe! Peut-être qu’un jour je ferai des designs d’uniformes! Qui sait?

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DEFI

13) Si tu le souhaites, nous te proposons de lancer un défi aux athlètes Français. Pour se faire, nous te laissons réaliser et filmer un stunt ou un basket toss de ton choix. Les cheerleaders Français auront quelques jours pour réaliser l’élément. Le groupe qui aura réalisé le meilleur élément, et que tu aura élu, remportera des chocolats pour Pâques.

 

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INFORMATION CHALLENGE : CHOCOLATS POUR PÂQUES

IIPour participer au Défi de Révéka, il suffit de:

  • Etre athlète en France
  • Liker la page instagram de cheerleadingfranceblog
  • Publier votre vidéo de la séquence de sauts avec le hashtag #cheerfranceblog. (on ne pourra voir que les vidéos des comptes en public).

 Sélection du vainqueur: 

  • Révéka sélectionnera la(le) meilleur(e) athlète réalisant son défi.

Deadline du challenge: 8 Avril 2018 // 13 Avril 2018 🙂 

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Si vous avez envie de discuter de cheerleading avec Révéka, de découvrir son quotidien ou bien avoir des renseignements sur son entreprise de design, n’hésitez pas à suivre les lien ci-dessous.

  • Sa page personnelle:insta
  • Sa page professionnelle: Dreamka design

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